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Le projet d‘utiliser des robots durant la Fête des Lumières de Lyon est né en 2015 dans la tête de Sacha Stojanovic, responsable B to B de la société Assystem, pour montrer que l’innovation n’a lieu d’être que si elle est au service de l’être. Un groupement de partenaires de l’industrie s’est constitué et a proposé aux organisateurs de la Fête des Lumières, la création d’une œuvre technologique centrée sur la robotique de nouvelle génération.

C’est dans ce contexte que j’ai été contacté. Le challenge était de concevoir une œuvre nocturne dans l’amphithéâtre des 3 Gaules, avec 4 robots poly-articulés de la société Fanuc, 6 robots collaboratifs mobiles (cobots) de la société Omron Adept et des moyens lumière de la société Philips ; une œuvre qui ait du sens, qui s’intègre dans la Fête des Lumières et qui parvienne à tordre le cou aux idées reçues au sujet des robots ou du plus largement du progrès technologique…

Je décidais de montrer qu’il n’y a pas de présent ou de futur sans passé, en retraçant l’histoire des outils, depuis la maîtrise du feu à l’ère numérique actuelle ; mais surtout, je choisissais de montrer que les derrière les robots il y a d’abord des êtres humains, et que l’homme reste l’unique responsable de leur usage.

La scénographie a été bâtie en fonction des potentiels des robots et du site de l’amphithéâtre. En fond de scène, chacun des 4 robots poly-articulés porte un « écran » de 9 mètres carrés équipés de 900 Led ; au sol, les 6 cobots sont « coiffés » d’un chapeau lumineux constitués d’une centaine de Led.

Les structures métalliques des écrans et les chapeaux ont été étudiés et réalisés par un autre partenaire très important du projet : l’Institut des Ressources Industrielles de Lyon (AFPI-IRI).

La grosse difficulté de la création était d’arriver à conceptualiser le rendu global des différents ingrédients scéniques :

  • la bande son
  • le mouvement des écrans portés par les grands robots
  • la chorégraphie des 6 robots mobiles
  • le contenu vidéo des écrans en mouvement
  • la lumière architecturale du site
  • l’éclairage d’accentuation des robots
  • le contenu lumineux des chapeaux

J’ai d’abord construit une bande son destinée à accompagner une narration, puis décomposé en une centaine d’instants clés les positions des robots articulés, imaginé une chorégraphie pour les robots collaboratifs et créé les contenus de vidéo et de lumière. L’objectif était de faire oublier le métal en créant des harmonies chaleureuses où le fond et le détail s’échangent puis s’unissent dans une vibration concertée. Un orchestre se trémousse dans la nuit et de petits délurés se hasardent (parfois maladroitement) dans des chorégraphies.

Après l’annulation de la fête des Lumières suite aux attentats du 13 novembre 2015, nous avons adapté le projet pour l’édition 2016 en le déplaçant place Bellecour.

Loin du monde du travail, et mis en pleine lumière dans un univers festif, le spectacle Roboticum a séduit des dizaines de milliers de spectateurs.

Pour moi, paradoxalement, travailler avec des robots a été une expérience humaine passionnante, où se sont rencontrés un groupement d’industriels et la ville de Lyon ; ingénieurs, étudiants et professionnels de l’évènement réunis pour faire aboutir une expression artistique.

+ d'infos : www.yvesmoreaux.com